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Le virtuel et la nostalgie de la foule


La pandémie Covid-19 a tout changé. Évidemment,  l’arrivée des nouvelles technologies de la communication avait  déjà installé le virtuel dans la vie des gens. Mais avec la pandémie, confinement oblige, il s’est finalement imposé comme mode de fonctionnement.


L’industrie musicale  haïtienne, comme tous les autres secteurs, subit grandement les répercussions de cette pandémie sur la vie en général. Pour survivre,  depuis quelques mois, certains artistes et formations musicales se livrent au public par des prestations « live » sur les réseaux sociaux. D’autres qui s’étaient montrés hésitants, au début, se sont finalement conformés  avec la nouvelle réalité.

Il faut admettre que ces prestations en ligne suscitent beaucoup d’intérêts chez les internautes. La  polémique sur le nombre de  « vus » s’affichant au bas des « live » divise souvent les fans et agite les discussions. Il est évident que les groupes musicaux rassemblent beaucoup plus de spectateurs virtuels que de participants physiques aux  bals d’antan. Du même coup, des gens qui pouvaient rater un spectacle payant dans le passé, ont aujourd’hui la possibilité de suivre leurs artistes en même temps que ceux qui auraient pu se procurer le billet de l’affiche la plus coûteuse.  

L’objectif de la réflexion n’étant pas de considérer les retombées économiques, on laisse de côté   cet aspect. S’agit-il, dans tous les cas, de faux ou de vrais « live »? De toute façon, les internautes sont servis en même temps. Et c’est le plus important.

De la  transformation de l’industrie musicale
Cette transformation  est surprenante aux yeux de plus d’un. L’analyste Jean Emmanuel Pierre en est du nombre. « C’est intéressant de voir à quel point la Covid-19 peut transformer l’industrie musicale, entraînant  surtout l’épuration du secteur », observe-t-il, jugeant  que les prestations en ligne s’offrent avec plus de finesse. Cette finesse passe, selon lui, par  une réinvention de soi  chez les artistes et les groupes. « Je crois que la situation actuelle a forcé ces derniers à se réinventer », poursuit le journaliste senior, présentateur vedette du magazine « Réveil matin » sur la Radio CPAM émettant depuis Montréal,  estimant que le temps des « Leve men nou anlè, anmwey! » est révolu. 

Côté  spectacle et contenu, les mélomanes ont gagné considérablement, selon sa lecture.
De la nostalgie de la foule
Toutefois,  le virtuel peut-il remplacer le contact réel, direct et physique que les artistes avaient dans le temps avec leurs fans? Les albums audio et vidéo ont toujours existé.  Ils  visent à  immortaliser l’œuvre musicale, à la fixer dans le temps, à enrichir le répertoire culturel. 

Cependant, la consommation immédiate, la proximité, la complicité ont toujours caractérisé les rencontres directes entre les artistes et leur public. Le face à face, les applaudissements, les transports de joie et d’allégresse, les voix qui s’élèvent pour répéter (en chœur) après les chanteurs, l’ambiance  surchauffée qui se dégage de la salle de spectacle ou de l’endroit (plein air) où la prestation se donne, voilà   autant d’habitudes dont l’industrie musicale ne va pas  pouvoir se débarrasser du jour au lendemain.
 « Les habitudes ne changeront pas pour autant. Je suis convaincu qu’à la première occasion  de dé-confinement, les bals seront remplis; car rien ne remplace la chaleur humaine. Nous sommes des êtres sociables, la Covid ne pourra pas tuer l’envie d’aller vers l’autre »,  conclut Jean Emmanuel Pierre, directeur de l’information à la Radio CPAM. 


L’artiste veut voir ses fans, tout comme l’enseignant veut voir sa classe. Et les mélomanes ont cette habitude de toucher leurs stars, de se prendre en photo avec elles. Le virtuel ne peut certainement pas satisfaire ce désir. Comme l’avance Jean Emmanuel Pierre, les artistes et les fans soupirent après le jour du premier rendez-vous où ils pourront se voir comme avant, pour célébrer la vie, la chaleur et l’intimité. 

Lucmane Vieux
 

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