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Le 3e débat du MCC sur la danse et de la musique donne carte blanche au numérique





Dans le cadre de sa série de débats sur la danse et de la musique du compas, initié depuis le 21 juin, jour de la fête de la musique, jusqu'au 26 juillet, journée marquant les 65 années de création du compas direct créé par Nemours par Nemours Jean Baptiste, le ministère de la Culture et de la Communication (MCC) a réuni, en visioconférence, plusieurs opérateurs culturels autour du thème: « Réflexions sur l’utilisation du numérique à travers les concerts live dans le secteur de la danse et de la musique compas au temps de la Covid-19 », le dimanche 12 juillet 2020.


Ils sont musiciens, producteurs, économistes, journalistes, ceux qui ont accepté d’intervenir dans le cadre de la troisième sortie de la série de débats. Il s’agit de : Carel Pèdre, journaliste culturel ; Guy Webern Guerrier, journaliste culturel ; Hugline Jérôme promoteure de spectacles et de soirées dansantes ; Abdias Laguerre, réalisateur de clips ; Kesner Pharel économiste ; Dener Ceïde musicien ; Samora C. Julmiste, directrice musicale. Les intervenants ont échangé autour de la place réelle du numérique dans les concerts live. Johnny Célicourt, journaliste culturel, a officié comme modérateur du débat.

Stéphanie Saint Louis, directrice à la création artistique et littéraire au MCC a introduit le débat en expliquant que: « ce thème sera enrichi par les avis éclairés de musiciens et musiciennes, d’économistes, de réalisateurs, de promoteurs et journalistes culturels ».

Mme Saint-Louis a soutenu que « dans son souci d’accompagner le secteur, le MCC a [monitoré] différents concerts en [live] qui se sont réalisés durant la période de la pandémie de la Covid-19. Ces concerts en direct furent une réponse innovante du secteur de la musique à la pandémie qui nous tenait tous éloignés. Le numérique a servi de canal pour apporter le compas directement dans nos foyers, lequel nous a fait bouger intimement chez nous, lequel nous a aussi rempli de joie et de plaisir en ces temps troublés. Grâce à la digitalisation, le local devient global de manière spontanée », a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, elle a révélé que « l'un des objectifs du MCC est d’aboutir enfin à une industrie culturelle et créative forte notamment celle de la musique et la danse compas qui aura à faire la fierté de ce peuple créateur et du coup l’aider à mieux s’épanouir et lui apporter un peu de bien-être ».

C’est dans cette optique, affirme-t-elle, que le MCC met en place un « Plan de numérisation à l’échelle de l’Institution ». À cet effet, une « enquête sur les impacts de la pandémie Covid-19 sur le secteur culturel » est lancée et un « inventaire des équipements et infrastructures culturels est actuellement mené à travers le pays ».

Conscient de ses insuffisances le MCC est à l’écoute des acteurs culturels soient-ils de l’intérieur ou de la diaspora et peu importe leurs champs d’intervention. À cette phase, bien de pertinentes questions doivent être posées, a-t-elle assuré.

Comment se sont opérées l’innovation et la transition numérique de la musique enregistrée dans le secteur compas ? Quels sont les changements majeurs apportés par les nouvelles technologies numériques ? Comment le phénomène du home studio influence-t-il la production musicale dans le secteur compas ? Sur le marché international, environ 60 % des musiciens l’utilisent. Qu’en sait-on du marché haïtien (en Haïti et dans la diaspora) ? Ce sont autant de questions que la responsable a mises en avant pour contextualiser le débat.

Avec la presque disparition du support physique dans le marché de la musique remplacé par le streaming qui représentait en 2018, 58 % des revenus musicaux à travers le monde, comment les producteurs et créateurs de musique compas peuvent-ils bénéficier de ces changements ? Est-ce que les sites d’écoute de musique en ligne (streaming) peuvent assurer un revenu équitable à l’ensemble des acteurs dans le milieu de la musique s'est interrogé la fonctionnaire du MCC. Pour elle, à travers le débat du 12 juillet, le MCC espère que les acteurs et toutes les parties prenantes puissent se mettre ensemble afin de réfléchir et de trouver des réponses à ces questions, trouver des pistes de solutions.

Stéphanie Saint-Louis a clôturé sa prise de parole en soulignant que cette démarche s'inscrit dans le cadre de la soumission de la candidature de la danse et de la musique compas à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Carel Pèdre était le premier intervenant à prendre la parole. Il a fait l’historique des premiers bals virtuels. Celui de Konpa kreyòl qui a été organisée le 11 avril 2020 au profit de l'hôpital Bernard Mevs, celui de Gabel et celui du groupe Harmonick ont ouvert la voie à cette série de spectacles, concerts, bals. De grandes premières virtuelles. Il en a profité pour distiller de judicieux conseils aux artistes qui s’engagent tête baissée dans cette aventure. Car, certains ont consenti d’énormes dépenses à perte. Il a suggéré à ces derniers de se doter d'un canal YouTube rentable, tout en prospectant d'autres audiences payantes pour la diffusion de leurs prestations en ligne.

Pour Guy Webern Guerrier, qui travaille de concert avec Carel Pèdre, ces activités en ligne exigent plus de logistique technique. La machinerie est beaucoup plus lourde.

Répondant à la question de Johnny Célicourt « quelle est la formule la plus simple entre un préenregistrement ou un spectacle en temps réel ? », le réalisateur Abdias Laguerre a fait savoir que les deux peuvent être utilisés dépendamment du contexte, des ressources humaines, matérielles, économiques ou techniques disponibles à cet effet. Car, soutient-il, pas mal de grands spectacles internationaux ont été préenregistrés pour les besoins de la cause. Un live peut coûter entre cinq mille et vingt mille dollars américains, d'après le réalisateur.

La promotrice de spectacles et de soirées dansantes, Hugline Jérôme, avoue que cette période de production de spectacles, bals, concerts « live » lui a permis d’apprendre pas mal de choses. Auparavant, elle savait organiser uniquement des spectacles à petite échelle, mais maintenant cette réalité imposée par la Covid-19, prouve qu'on peut produire de grands évènements pour vendre nos capacités, forces et la diversité de notre culture à travers le monde. Aussi soutient-elle que cette série de prestations virtuelle lui a permis de découvrir une pléiade de talents qui n'étaient pas toujours sous les projecteurs. Elle invite par ailleurs, les sponsors à exploiter le momentum pour investir dans des prestations virtuelles, qui ont des objectifs sociaux et nobles.

Le musicien Dener Ceïde du groupe Zafèm a surtout partagé l’expérience de son groupe qui était très attendu sur les réseaux sociaux, tandis qu'auparavant tout était prévu pour un spectacle en salle. Le multi-instrumentiste révèle que ça n'a pas été du tout facile de réunir un ensemble de musiciens haïtiens et étrangers, où il était tenu de respecter les consignes strictes du gouverneur de L'État de New York. Il fallait payer les séances de répétitions et aussi monter une équipe solide avec un réalisateur venant de Los Angeles. Tout ceci, précise le chanteur pour offrir le spectacle de la grande première très diversifiée du groupe qui excède le coût nécessaire à une prestation virtuelle qui, selon Abdias, peut aller jusqu'à vingt-cinq mille dollars.

La représentante du groupe Siwo Myèl, groupe féminin de compas révèle que cette expérience de prestation virtuelle leur a laissé une saveur aigre à cause de la mauvaise qualité de leur son et de sérieux problèmes techniques. Cependant, Samora C. Julmiste ajoute que le groupe s’est racheté lors de leur prestation au concert réalisé à l'occasion de la Fête de la musique.

Kesner Pharel a plaidé pour la monétisation des prestations virtuelles, le renforcement des chaines de valeurs et la présence des données chiffrées dans le secteur. Il a suggéré aux groupes et artistes de recruter un statisticien qui aura pour mission de suivre les réactions des spectateurs pendant les prestations, une information qui peut se révéler capitale dans le processus de monétisation des prestations. L'économiste convie musiciens, groupes et artistes à s'analphanétiser pour la rentabilité de leurs productions musicales.

À la fin du débat, tous les intervenants se sont mis d'accord pour un mécanisme devant identifier légalement, soit par une licence, les différents corps de métier de la chaine musicale. Car, selon eux, tout le monde prétend avoir un titre sans avoir l'habileté pour l'exercer .

Comme les deux premiers débats qui étaient articulés autour de l'organisation, du financement et de la valorisation du compas, ce troisièmesur une série de quatre aura pour finalité de produire un document qui sera soumis à L'UNESCO pour permettre à la danse haïtienne, particulièrement le compas de figurer sur la Liste représentative du patrimoine immateriel de l'humanité



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